MON AVIS SUR «RAINBOW – Yamamoto Sayaka»
On connaissait déjà sa sublime voix, sa capacité à jouer de la guitare et à écrire des chansons, mais jusque là, le talent de Yamamoto Sayaka s’exprimait principalement dans le cadre des performances des NMB48 et des AKB48 ou plus occasionnellement en tant que guest de groupes extérieurs au 48. Certes, sa position prédominante dans le groupe et sa mise en avant permanente nous a déjà donné un aperçu de ses envoûtantes capacités vocales, mais sans dissiper une pointe de frustration : sans doute trop sollicité au sein du 48 pour effectuer sa première sortie en solo jusqu’ici, on aura donc du patienter jusqu’à en avoir les cheveux qui traînent par terre pour enfin avoir droit à un premier album solo. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on l’attendait avec impatience cette album solo, du moins les fans de Sayanee, ce qui fait à priori pas mal de monde déjà…
Rainbow Rose
La première chanson de l’album permet en premier lieu de s’assurer d’une chose, c’est un vrai album de musicienne. J’entend pas là que l’on sort des compositions habituelles de nos idols 48 basées sur les sons synthétique low cost et un mixage parfois dégueulasse avec des sons bien étouffés. En effet, c’est avec bonheur que l’album commence avec des sonorités un peu plus « riches » et un son propre. On notera notamment une batterie bien présente, ce qui fait un bien fou. Enfin !
La chanson en elle même est sympathique avec une rythmique rock. Mais pour rester objectif, car on n’est pas chez les fans SKE ici (je plaisante…), si on pouvait reprocher quelque chose à ce premier titre c’est qu’il manque peut être un peu d’originalité : C’est du Sayaka, c’est beau, ça s’écoute sans problème, mais on a un peu une sensation de déjà entendu. Cela dit, en soit, ce n’est pas vraiment un problème quand la chanson est de qualité comme ici. Une ouverture d’album réussie.
Yuki koi
Voici le titre qui sert de vitrine promotionnelle à l’album et on comprend pourquoi dès la première écoute ! Que c’est beau ! Un ballade qui met parfaitement en valeur le chant et donc la voix de Sayanee sublimée par le background musical tout en légèreté (piano, clochettes, violons, aaah, ce violon !) et bien appuyé par la batterie.
Contrairement au morceau précédent, voilà un morceau qui sonne beaucoup plus personnel et original. Pour celles et ceux qui s’étonnait encore de la première place de Sayanee comme meilleure voix au sondage de fin d’année du podcast en insinuant que les votants étaient de misérables ignorants (au passage, ils vous remercient…), écoutez ce pure chef d’œuvre, ça devrait mieux aller. Il n’est bien évidemment pas question de remettre en doute le fait que dans le 48/46 il y a d’excellentes chanteuses avec des voix magnifiques, mais en face on a ce nirvana auditif ! Chaque parole raisonne au plus profond de votre âme comme un savoureux feu d’artifice émotionnel.
Un morceau qui est aussi un modèle de production. Un mixage nickel comme on aimerait tant en avoir pour les singles du 48 qui sont plutôt en dent de scie à ce niveau.
LE PV
La chanson bénéficie d’un PV qui visiblement n’a pas mobilisé de gros moyens. On remarquera par exemple la réutilisation du décor de « l’arbre de neige sur fond noir» que l’on a déjà du apercevoir 2 voire 3 fois dans d’autres clips. Le reste du clip se compose de séquences ou l’on voit Sayaka dans des moments insouciants de la vie courante, souriante ou en train de jouer de la guitare (avec un contre-jour qui rend l’image bien trop lumineuse). Rien de particulier ou d’exceptionnel à relever, si ce n’est qu’on n’a pas besoin de chercher à faire de l’original à tout prix (surtout quand on voit le résultat très discutable de certains PV) et qu’un beau p’tit clip tout simple, finalement, ça passe très bien.
Hitokoto
Voici un autre morceau qui nous emmène loin si on se donne la peine de fermer les yeux : une voix d’ange sur un petit piano pour débuter et qui enchaîne avec une utilisation judicieuse de la guitare (et une ligne de basse très agréable), avec toujours un soutien parfait de la batterie et des instruments tel que le piano ou les cordes qui rendent le morceau léger, voire un peu planant. Un peu comme si on volait parmi les nuages dans un paysage sans fin, les cheveux au vent.
Cette chanson est une invitation à flâner sans se rendre compte du temps qui passe. Un titre paisible et une incontestable réussite que l’on verrait bien dans un Anime.
Kanojo ni Naritai
Un titre qui fait la part belle à la guitare. Avec un gros son, mais sans pour autant être très dynamique. Disons que ça sonne plus comme une ballade Rock, un peu comme on pourrait en trouver dans un groupe comme Simple Plan en occident.
Les arrangements sont plutôt bien foutus. Si la structure du morceaux est relativement basique, ce qui peut rendre certains passages peut être un poil répétitif, on note quand même pas mal de variations sympas dans la construction des différentes parties du morceau. L’ensemble est bien maîtrisé et la chanson reste plutôt fluides malgré toutes les différentes petites couches qui viennent se succéder sur le riff principal.
Ai no Baton
Une autre ballade, qui s’appuie cette fois sur un piano (principalement au début, plus discrètement ensuite) et un violon (tout le long) toujours aussi magnifiques. C’est joliment orchestré et comme remarqué précédemment, on sent que c’est un vrai morceau de musicien car bien articulé autour de sa basse et de sa batterie sur lesquels se greffent parfaitement bien les autres éléments. On retrouve une fois de plus un chant dont décidément je ne me lasserai jamais. Une caresse auditive.
BAD DAYS
L’album est plutôt axé ballade depuis le début. On ne peut pas dire qu’il manque de continuité car on continue dans le même registre. Mais cette fois avec un ton un peu plus rock (avec un bon p’tit son de guitare) et bon sang ce que ça lui va bien !
On a même droit à un petit solo de guitare aux alentours des 3 minutes. C’est une chanson que je trouve superbe avec une voix qui se pose aussi bien sur la musique que du Nutella fondant sur une tartine.
Tsukikage
Cette chanson tranche clairement avec le morceau précédent. On range les guitares électriques et on sort des percutions douces pour un morceau lui aussi tout en douceur et en subtilité (quelques petites touches de piano par ci par là, la guitare sèche…).
Un titre un peu mélancolique mais surtout extrêmement relaxant et toujours cette voix envoûtante…
Smile
Avec Smile, l’album reprend une couleur rock avec son trio Batterie/Basse/Guitare électrique. Un morceau diablement efficace qui pourrait sans problème faire l’opening d’un Anime à succès.
Un morceau bien plus énergique que ceux qui l’ont précédé et qui est assez entêtant. On en regretterai presque de ne pas avoir un PV pour celui ci car il se prêterai très bien à l’exercice…
Kokoro No Tate
Retour à un calme relatif, pour un titre qui ferai aussi un très bon ending d’Anime. Difficile a décrire, le morceau dégage une certaine classe et une certaine sérénité. Musicalement, c’est vraiment très bon (la basse, le violon… un régal).
Côté chant, ça n’étonnera personne si je dis que c’est tout bonnement excellent ? Parce que autant tuer un peu le suspens de suite : ça va être de l’ordre de la mission impossible de trouver du négatif sur le chant d’ici la fin de la review…
Hitoiki Tsukinagara
La plupart des gens qui liront cette chronique connaissent sans doute déjà cette chanson puisqu’elle a déjà été chanté par le passé un bon nombre de fois par Sayanee. Dans cette version de cinq bonnes minutes, on retrouve une version apaisée, pour ne pas dire paisible de cette magnifique chanson qui rempli nos oreilles et nos cœurs de bonheur.
On notera l’incursion, dispensable à mon goût, d’un harmonica sur certains passages, mais qui ne gâche pas pour autant cette merveille, ce diamant à l’état pur, qu’est Hitoiki Tsukinagara. Une chanson tellement belle et remplie d’émotion que même les mouches s’arrête de voler pour écouter.
Gimonfu
Une chanson stylée avec un chant qui impose le respect par sa maîtrise. Dans la lignée du reste de l’album avec toujours le mariage parfait des instruments et une voix qui se pose parfaitement sur la musique.
Ce titre est l’illustration parfaite de l’effort effectué sur la production. Tout est parfait ! On est bien au dessus de ce qui nous est proposé habituellement sur les singles de groupe qui est plus que fluctuante. Je sais bien que ce sont des problématiques différentes et ce n’est pas une critique des singles en eux même qui peuvent être vraiment superbes, mais ça fait extrêmement plaisir de se retrouver face à un vrai album « d’artiste », un album de musicien(s,) avec un bon boulot au mixage et une production à la hauteur du talent de la demoiselle.
Shiawase no Kakera
Retour sur une ballade qu’il va être difficile de qualifier autrement que de magnifique, sublime, grandiose… La chanson est tout simplement un petit chef d’œuvre avec ses petites touches de piano qui font chavirer l’esprit.
My god, cette voix de l’or en barre, Comme dirait le grand philosophe Thierry Roland « après avoir entendu ça, on peut mourir tranquille ». Le plus tard possible, bien sûr…
Melody
Pour clôturer l’album, un hommage à une de « l’ original team » de podcast48… (ou pas, mais on l’embrasse quand même très fort). Une chanson plus classique, à l’image de la chanson d’ouverture de l’album, mais un poil plus original et bien rythmé et qui passe plutôt bien globalement.
Si concert solo il y a (et il y aura tôt ou tard à n’en pas douter), j’imagine bien les fans balancer quelques p’tits chants dessus, à moins qu’ils soient tenter d’écouter religieusement ce qui se conçoit aussi.
Avant de conclure, un petit mot sur les pochettes : je les trouve très sympas, simples mais efficaces.
CONCLUSION
Pour un premier album, on ne peut qu’applaudir la qualité globale de Rainbow. Je pense qu’on peut difficilement être déçu en tant que fan d’un tel album et qu’au delà du cercle de fan de Sayanee, l’album est suffisamment facile d’accès pour convaincre un public bien plus large que sa fanbase.
Maintenant, si je veux être totalement objectif (ce qui n’est pas toujours facile quand on chronique quelques chose sur sa Oshi (#Misaki.. kof, kof, kof… non, pas taper ! désolé, je prend froid ^^), si je dois reprocher quelque chose sur cet album, ça serait finalement le fait qu’à aucun moment, elle ne lâche les chevaux. L’album est très homogène, on est sur des chansons calmes qui vont au maximum jusqu’à la ballade un peu rock. On aurait pu s’attendre à une ou deux chansons un peu plus punchy, un peu dans le genre d’un « Blue Rose » par exemple (mais en solo donc) car on sait qu’elle a largement la possibilité de s’exprimer dans un registre vocal plus large. Mais bon, on ne va pas chipoter, pour un premier essai, c’est une très belle réussite toute en nuance, comme les couleurs de l'arc en ciel...
Si vous n’êtes pas tombé sous le charme de cette voix unique et de cet album parfaitement maîtrisé tant au niveau musical que de la production, faites vous une raison : peut être que la musique n’est tout simplement pas faite pour vous (?). En tout cas en ce qui me concerne, si Sayaka était une sirène et moi un marin égaré, ça fait bien longtemps qu’elle m’aurait bouffé…